2011 ENTRE MEMOIRE

        ENTRE MEMOIRES    2011

 

 ENCRES DE CHINE, COLLAGES

 ANGOISSES GEOGRAPHIQUES

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 PORTRAITS DOUBLES

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   BRISURE

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ACRYLIQUES: TOILES, PAPIER MACHE SUR GRILLAGE

 

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64X81 cm: ECRIRE

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120X100cm: L'ATTENTE

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CAILLOUX: PEINDRE

 

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                                   Entre mémoires

 

La boite de photos en noir et blanc déjà vues, exotiques,  lointaines, rangée dans le tiroir du bas de l’armoire de leur chambre, je la connaissais ; j’avais même déjà regardé les photos plusieurs fois, seule ou à coté ma mère, qui faisait le lit, jamais avec lui.

 Et puis, il est mort.

Le rangement, pour le déménagement, le tri, la boite, je l’emprunte, je l’emporte.

 Un soir, les photos défilent dans mes mains, comme un jeu de cartes : de hommes jeunes habillés en militaires ; ils posent : rient, jouent, se baignent ; quelques vues de paysage, de bateau ; sans les uniformes on croirait des vacanciersl’un d’eux est mon père, souriant pour l’objectif.

 Ceux qui font la guerre ne se prennent pas en photo en train de la faire.

 Au dos d’une photo, je reconnais son écriture : « Un dimanche comme tant d’autres ». 

Deux cartes postales dans la boite pourtant adressées à son frère et sa sœur ; « le travail » dont il parle, c’est quoi ?  Souvent en habit de cuisinier pendant l’année 1957, et avant ?

Conseil d’adresse pour apprendre à danser écrits à son frère, des mots gentils pour sa petite sœur, le bonjour à ses parents. Une carte touristique d’Algérie, un livret militaire. C’est tout.

 Ne rien dire : censure ; ne rien dire, autocensure : ne pas inquiéter les siens 

tenir, écrire, faire comme si la vie normale continuait un peu avec lui, là-bas 

ne pas se sentir oublié.

 

l disait être rentré «  à moitié fou».

Un temps ou il avait toujours froid et restait prostré devant le poêle, dans le café de ses parents.

 Je vois les habitués  circuler autour ; lui, comme un sac posé là, immobile devant le feu ; une couverture sur les épaules, peau de honte pour se protéger d’une douleur destructrice et interdite.

 

 Le silence retient prisonnier

Attendre l’oubli pour vivre.

Une main tendue, une épaule,

Et tenter de revivre pour oublier.

 

 Je nais neuf ans après.

Enfant, je prie tous les soirs pour qu’il n’y ait pas la guerre et je danse.

 Mais le silence a finalement gagné, il ne parlait plus depuis longtemps quand la mort l’a cueilli.

 Le silence me pèse.

 L’attente, l’ennui, la peur, l’incompréhension, le dégout, l’horreur, l’oubli, l’absurdité, la folie, la mort… Devant les photos, mon imagination cavale, toutes mes questions sont emportées par le vent… le silence tente de les clore.

 C’est une histoire qui n’est pas la mienne et qui me poursuit.

 

 Peindre, entrer dans l’espace opaque du silence.

Apprivoiser  visages et postures.

Laisser venir les couleurs en pas de danse,

Fouiller, trouver d’où vient la source vivante

Voire même la créer ?

Et puis  quoi, masquer la terreur encore ?!

Entretenir la vie toujours ?!

Lâcher, plonger vers la zone blanche,

Rencontrer remous et monstres des vieux brouillards angoissants

Et passer dans l’entre,

Entre les chimères de la danseuse et des traces de mémoire de l’homme revenu de la guerre : L’entre mémoires.

 

Je remercie :Ma famille pour son soutien,

Pierre Desvaux pour son aide à trouver mon chemin vers « l’entre ».

                                                            Catherine Suchier Galle, septembre 2011.

Date de dernière mise à jour : 02/03/2019